Snake shot
J'accompagnais France dans le café voisin de sa Cité U où Tina Turner nous accueillait d’une lancinante question : «What’s love got to do with it ?» . Nous lui répondions par un tête-à-tête au babyfoot, avant de nous laisser choir sur la banquette en moleskine. Des mecs ne tardaient pas à nous succéder et, par un coup sec, à libérer les balles. Au milieu des exclamations, des gamelles et des buts, surgissait un bras suffisamment bionique pour aller à la pêche. E n signe de défi aux gagnants, France cala nonchalamment deux francs près du boulier. Comme des offensés de western, l es quatre types prirent un temps pour passer de l’incrédulité à l’amusement. Que pouvait espérer cette poulette dont les boucles cachaient un regard noir et, sous les manches du sweat, des mains toujours frigorifiées ? Devant mon expresso, je mimais l'ingénu. Avec, cependant, un rien d’appréhension. Les garçons lui auraient volontiers donné une leçon de baby propice au rapprochement des bassins, mais...







