jeudi 19 avril 2018

Tsunami

    Pour tout dire, on est comme saturés de sainteté. Une telle lâche une brillante carrière de journaliste-vedette pour suivre son mari au Japon. L'autre envoie valser le Cac 40 pour ouvrir une coopérative bio. Et puis tous ces politiques qui lâchent l'affaire pour les aléas du privé ou pire encore, pour sauver les pauvres... La réussite et la bonne conscience héroïques. Ça ferait passer Spiderman pour un détraqué en pyjamas. Même la famille de feu le colonel Beltrame s'y met en défendant au F.N d'utiliser le nom du saint homme. C'est à qui sera le moins dégueulasse. 
     Pire que la bouffée délirante à tonalité nazie: le tsunami de bonnes consciences.

vendredi 23 mars 2018

GRÈVE GÉNÉRALE SAUVAGE TOTALE ET ILLIMITÉE !

Tout le monde en grève totale !
C'est la seule façon de gagner !
Ne vous occupez pas des syndicats !
Les directions syndicales font partie du pouvoir et sont nos ennemis autant que les patrons.
CGT - et Bernard Thibault devint chef :
Dès aujourd'hui, vous qui êtes en train de lire ce texte, parlez vous-même à vos collègues de travail (ou à vos camarades de classe ou de FAC ou d'école, etc.), et dites-leur qu'il faut se mettre en grève. Qu'il faut faire grève tous ensemble pour gagner. Que maintenant il y en a ras le bol et qu'il faut une réaction forte et immédiate.
Dès aujourd'hui, sans demander la permission ni même l'avis des grands chefs syndicaux, ni du patron bien sûr, organisez vous-même une Assemblée Générale, et faites voter la grève.
Puis, faites des piquets de grève durs.
Puis, envoyez immédiatement une très grosse délégation dans l'entreprise publique ou privée (ou école ou lycée, ou fac, etc.) la plus proche de la votre pour demander qu'ils se mettent en grève au moins par solidarité.
Quand c'est fait (et s'ils veulent pas ou s'ils ont peur, allez en voir une autre) demandez-leur de l'aide pour aller mettre en grève une autre entreprise juste à côté, etc.
Il n'y a que comme ça qu'on pourra gagner. Prenons-nous nous-mêmes par la main !
Argument utile : dans une usine ou une fac en grève 15 jours de suite, les esprits se libèrent de leurs conditionnements hypnotiques. Les gens deviennent intelligents, ils apprennent à vivre ensemble, à réfléchir ensemble ; puis ils ne peuvent plus s'en passer. C'est comme ça que se crée la conscience de classe. Et c'est notamment pour ça, mais pas seulement, qu'il faut éviter à tout prix les mouvements saute-mouton où l'on fait un jour de grève ou de manif une fois par mois, ou même seulement deux jours pas semaines !
En 1986, il y avait une coordination ! En 1995, il y avait manif tous les jours !
Dès le début de ce mouvement, montez une coordination, c'est la seule solution. Voici comment procéder :
L'UNION FAIT LA FORCE !
Toutes les grèves doivent s'unir au sein de la même coordination.
GRÈVE GÉNÉRALE SAUVAGE TOTALE ET ILLIMITÉE !
Faites circuler ce message partout où vous pourrez !

dimanche 11 février 2018

Santo subito

   Voici sept ans à l'automne 2011, je réalisais avec des câbles fabriqués maison et un micro-jouet mon premier recueil de chansons "Santo subito". Depuis, cette passion des chansons fabriquées sur ordinateur ne m'a plus quitté au point d'inventer une instru presque quotidiennement. Faire des chansons est la concrétisation d'un de mes plus vieux rêves et j'en retire une joie sans bornes. J'ai donc entièrement refait "Santo subito" du sol au plafond. J'ai raccourci, reconstruit, remixé et réenregistré avec du matériel de meilleure qualité ne conservant de l'original que les mélodies, les textes et la super pochette de Claire.

dimanche 4 février 2018

Sparkle

La chanteuse de rockabilly Sparkle Moore avec des fans au milieu des fifties

vendredi 1 décembre 2017

Parqué(e)s


     C'est peu dire que l'hiver est disco dans le studio d'Elvis Leaderprice car ce n'est pas moins de dix sept titres inédits que vous pouvez découvrir sur le nouvel opus "Parqué(e)s". C'est un disque taillé pour la danse, téléchargeable gratuitement sur mon Bandcamp. Originellement paru en deux sessions d'une dizaine de titres chacune, je l'ai finalement regroupé en un seul package. Un savant mélange d'Italo-Disco à deux balles et de Cold-wave de mon adolescence sur des paroles de mon cru ou bien tiré d'un recueil de poèmes trouvé dans la cabine téléphonique-librairie gratuite sise à l'entrée du jardin Lecoq. Musique gratuite, réalisée avec des instruments gratuits et des poèmes gratuits. Trois fois le mot "gratuit" dans une phrase et il ne s'agit pas de vendre. De nos jours c'est un délit.

jeudi 16 novembre 2017

"Quai des orfèvres"

Arte a rediffusé "Quai des orfèvres" il y'a un ou deux soirs. C'est l'occasion de vous faire partager une savoureuse critique de ce film publiée en 2013 par Virgule virgule sur le site "Sens critique"...

 

Que peut-on aimer dans cette vieille bouse joliment patinée par le temps ?
   Jouvet y est pour beaucoup, c'est la clé de voûte, retirez-le et tout s'écroule. On admire la performance, on est attendri par le personnage. C'est une vraie capsule de charisme cet inspecteur. Fascinant. Bon, moi je m'en fous un peu, le charisme ne m'a jamais rendu personne sympathique, surtout ce genre de connards qui raconte longuement sa vie pathétique à qui doit l'écouter (ça tombe, par exemple, sur une gentille photographe), et cloue le bec à ceux qui, en sa majestueuse présence, commettent la bourde d'en faire autant pendant deux secondes (ça tombe, par exemple, sur une employée de cabaret). Bah, ce type est méprisant, ça défoule. Ah, ça doit être jouissif de s'imaginer avoir cette attitude sans-gène et désabusée, ce comportement d'épave qui torpille tout ce qui passe à sa portée par une phrase cinglante balancée les oreilles fermées, cette autorité innée du flic qui peut faire craquer n'importe qui en lui confisquant ses papiers ou en le faisant tabasser par ses gorilles. Pour mieux assumer cette décharge cathartique, une injection de démagogie nous masse délicatement les sinus : le bougre a un cœur en or massif : il s'occupe d'un petit NOIR (!), comme s'il était SON PAPA. Incroyable, inouï, avant-gardiste en cette époque arriérée. Ça reste un con.

   Blier. C'est une mauviette, un emmerdeur, un jaloux maladif et lugubre, on se demande ce que sa femme lui trouve, on aimerait qu'elle le largue dès le début du film, on ne comprend pas ce qu'ils foutent ensemble. Il passe son temps à la suspecter et a envie de tuer le moindre type qui la fréquente d'un peu trop près. L'empire de la jalousie, un thème débile cher à Clouzot. Et justement, un vieux pervers (le spécimen que vous imaginez) courtise la poule de Blier en lui faisant miroiter une opportunité de carrière. Le sang du Blier entre rapidement à ébullition, et si ce vieux schnock n'avait pas déjà été assassiné au moment où le Blier s'apprêtait à le faire, le Blier lui aurait troué le bide lui-même, évidemment, comme tout le monde. Les gens on envie de se tuer, de s’entre-tuer, tout ça est normal. Mais [SPOILER] à la fin on oublie tout, et on sourit tendrement devant ce beau petit couple bien puant qui sourit à sa fenêtre : le vrai coupable est un cas social, une sorte de manouche dont on n'a rien à taper. Celui-là on s'en fout, on l'a vu que deux minutes, il peut crever derrière les barreaux, c'est son destin - même si finalement le crime de ce pauvre type est aussi accidentel (voir plus) que celui qu'ont failli commettre notre Blier chéri et sa femme insupportablement chevaline. [FIN DU SPOILER]
   La femme de Blier chante fort avec une plume dans le cul, et un essaim de types gominés masturbent des violons autour d'elle dans des spectacle à vomir dont on doit se farcir l'ambiance rancie pendant de longues minutes. Au bout d'un moment c'est irrespirable de subir tous ces cons partout, même sous le prétexte d'une observation "sociologique" de la société parisienne des années 1940, dans le fond aussi horripilante que n'importe quelle émission de télé-réalité actuelle. Même en tant que document ce film ne vaut pas mieux qu'un reportage dégénéré sur des chanteurs amateurs de r'n'b d'aujourd'hui, le show-business d'autrefois incitait tout autant les gens à s'écerveler, dans feu cette époque pour laquelle je n'ai aucune tendresse, peuplée de cohortes innombrables de lèches-culs et de chanteuses arrivistes et poseuses qui se croient le sel ultime de la terre. C'est confirmé : c'était aussi une époque de merde, je reste incrédule devant toute la nostalgie mal placée que provoque ce film, ce fétichisme de la gouaille en noir et blanc, capable de n'éveiller qu'une sorte d'exotisme superficiel et l'illusion aussi fausse que frustrante selon laquelle notre époque est la plus déprimante de l'histoire.

   Clouzot traîne bien ses grandes savates pathétiques partout, sans finesse, il barbouille partout ses gros effets clinquants qui se veulent percutants, il plonge tout ça dans un graillon de musique épuisante et lourde d'affects malades dont je n'ai rien à cogner. Le scénario ne repose sur rien d'intelligent, mais sur une suite d'énormes bévues dont les répercussions sont sadiquement prévisibles. C'est fondamentalement bête, c'est gavé de pathos, ça doit être la patte de Clouzot.