samedi 20 juin 2015

The Selecter

Il est donc nécessaire d’encadrer plus rigoureusement la fête de la musique, ne serait-ce qu’en raison des débordements qu’elle provoque – l’an dernier, un malotru aviné s’est même permis de crier sous mes fenêtres jusqu’à deux heures du matin, et j’ai fini par y mettre fin moi-même en lui balançant plusieurs seaux d’eau froide, malgré les protestations de son public qui le prenait pour « le nouveau Dylan ».(...) La solution collectiste, une fois de plus, consiste tout simplement à restaurer l’ordre public par la sélection des plus aptes, en laissant de côté ceux qui ne se montrent pas dignes d’accéder à la culture. Trouvera-t-on le courage politique de la mettre en oeuvre ? Il est permis d’en douter.

Fernand Bloch-Ladurie - L'actualité

mercredi 17 juin 2015

Les Mamelouks

Uniforme reconstitué d'un Mamelouk

  Lors de la bataille de Waterloo, (18 juin 1815) l'armée française compte dans ses rangs un escadron de fiers cavaliers d'origine égyptienne, les Mamelouks...

Le vétéran Ducel vers 1850
Psychédélique avant l'heure
  Les effectifs de ces cavaliers égyptiens au service du sultan sont entretenus par des razzias périodiques d'enfants circassiens, arméniens ou caucasiens. Condamnés à la vie de caserne, les petits esclaves y reçoivent l' enseignement coranique ainsi qu'une solide formation de cavalier jusqu'au jour de leur intronisation. Le jeune homme cesse alors d'être esclave pour devenir un cavalier d'élite considéré et respecté. Vivants désormais en aristocrates, ils font régner l'ordre tout en semant volontiers le bazar à la cour. Il n'est pas rare qu'un mamelouk devienne un personnage important, un ministre ou un vizir voir qu'il tente de renverser le sultan. Avec le temps, ils multiplient les coups d'état et finissent par imposer au pays leur propre sultanat. Lorsque les Ottomans s'emparent de l'Egypte au début du XVIeme siècle, les mamelouks rescapés passent au service du gouverneur turc. Leur crédit finit de s'étioler lorsqu'on les voit à l'été 1798 incapables d'arrêter les troupes de Bonaparte déferlant aux pieds des pyramides.

   Mais ils portent beau et leur fougue impressionne le général français qui en prend un grand nombre à son service. Lorsqu'il se proclame empereur, Napoléon rattache l'escadron des mamelouks à la cavalerie de la garde impériale. Si l'uniforme aux couleurs vives varie énormément d'un cavalier à l'autre, mieux vaut ne pas s'en moquer. Un couple de parisiens qui s'esclaffait à la vue d'un officier est promptement refroidi à coup de pistolets.  Au fil du temps, les mamelouks garantis d'origine se font de plus en plus rares. Pour faire face aux pertes, le mamelouk d'extraction parisienne ou angevine fait son apparition. Mais il reste encore une quinzaine de "vrais mamelouks" dans les rangs de l'escadron présent à Waterloo.


   


vendredi 12 juin 2015

Soumission

   Voici une histoire qui donne envie de boire de l'alcool de figue et des grands crus, de fumer des clopes par cartouches et de relire Huysmans. Voici une ballade qui vous invite à remettre les pieds dans le Lot et plus précisément à Rocamadour car la Vierge y est si joliiie avec ses souliers verniiiis. Voici un livre sur la joie de festoyer entre amis alors que l'hiver vient ou plutôt "Winter is coming" dirait-on de nos jours. Voici un long poême dédié aux talents culinaires de la DCRI ainsi qu'un essai talentueux sur les grandeurs et misères des plans cul universitaires pendant le "cursus honorum". La vie en Faculté est vraiment bien rendue et force est de constater que plus grand monde ne s'y était penché avec un tel talent depuis "De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier". La piètre consistance du flan médiatique, politique et culturel est démoulée avec une vigueur jouissive, Houellebecq rendant la moindre de nos personnalités électorales plus fictionnelle qu'un personnage de fiction. Il y a enfin une retraite foireuse dans un monastère qui vaut son pesant de deniers et un rappel très à propos d'une maxime de Khomeini: "Toute religion est politique".

dimanche 7 juin 2015

Et c'est au Bombshell, rue du Champgil (près de la cité judiciaire)

vendredi 29 mai 2015

Céne de Manager

   Le pouvoir du Management mondialisé, auquel il accorde la majuscule, ressemble beaucoup, aux yeux de Pierre Legendre, à celui de l'occident chrétien du Moyen-Age qui, fort de l'arme décisive que lui fournit le droit romain, construisit la certitude folle de son dominium mundi, de sa "propriété du monde". J'ai eu l'expérience directe de ce délire à Alger, en 1959. Plusieurs anciens étudiants catholiques de la Sorbonne s'y trouvaient affectés, généralement comme officiers. Nous étions en plein dominium mundi. Ces jeunes gens disciplinés apportaient la même ferveur légaliste, sèche et raisonneuse, à leur prosélytisme religieux et à leurs convictions politiques. Le monde leur appartenait deux fois. Ils en avaient le dominium catholique, ils en avaient le dominium occidental. Cette double charge les obligeait, quand il était question de la torture, à des contorsions casuistiques qui me semblaient parfois plus hideuses que les pires brutalités. La religion qu'ils prêchaient était un système idéologique bardé d'une rationalité glaciale. Plus encore que par le christianisme dont ils se voulaient les missionnaires, plus encore que par la puissance occidentale dont ils pensaient être les représentants, leur coeur semblait dominé par une soumission orgueilleuse à une force sévère, immarcescible, altière. Ils étaient encore des inquisiteurs, ils étaient déjà des managers. Je songe souvent à ces jeunes gens et ce souvenir me jette contre une infranchissable muraille. Est-ce donc cela, l'être humain ? Est-ce donc cela le christianisme ? Mais sur cette muraille, bizarrement, je me sens rebondir. Dans le marais moderne, je m'enlise.

Jean Sur- La révolution pointilliste.

jeudi 28 mai 2015



   Plus ça va, plus Marine Le Pen ressemble à une mauvaise doublure de Line Renaud dans un mélodrame de France 3. D'ici peu, elle sera prête à nous raconter l'enfance de Thierry Le Luron.