vendredi 29 juillet 2016

L'insoutenable légèreté des années 80

"     C'est quoi les années 80 si ce n'est le début de la fin ? Certes, un mur tombe et une vieille union triomphe à la fin, mais cela ne suffit pas à les regarder avec des paillettes dans les yeux trente ans plus tard. Ce regard que l'on adresse si bien à leurs cousines éloignées, les sixties ou les seventies. Il y a bien une explication à cette injustice. Les années 80 incarnent le tombeau de la légèreté, de l'insoutenable légèreté. La dernière ligne droite manquée d'un monde meilleur et de ses révoltes façonnées par ces rêveurs de hippies puis ces nihilistes de punk dans les épisodes précédents. Dans le caveau des années 80, le vieux monde qui espérait tant de sa gauche et du reste ne repose pas en paix, camarade. Parce que trente ans plus tard, on lui en veut encore de s'être tué et tu lentement devant les maux de son époque. Pour compagne de son long sommeil de plomb, à ses côtés, repose la légèreté fracassée par une flopée de mots sapés comme des monstres. Sida, crise, capitalisme, Thatcher, choc pétrolier, génocides encore. Vous me direz, chaque décennie a son lot d'atrocités. Alors pourquoi celle-ci plus qu'une autre ? Les eightees comme on aime à les appeler aujourd'hui pour les rendre affreusement tendance ont la carrure du sursis que personne n'a été capable de saisir. Une douce trêve où le monde ne se faisait plus sur les bancs de la fac ou au café du coin mais dans les clubs branchés où tout doucement, semblait-il, tous allaient avoir enfin le droit d'exister sur un pied d'égalité de la fille au garçon, de l'homo à l'hétéro, du black au blanc en passant par le reubeu. La différence allait enfin l'ouvrir, c'est peut-être la seule qualité à reconnaître à cette décennie. Ou plutôt la dernière illusion. Comme une étrange contrepartie à la possibilité de cet individu enfin promu, le collectif allait s'effacer et ses rêves avec au profit de l'individualisme. Ils allaient se laisser amoindrir, rétrécir, dicter leur unique règle de conduite : le compromis. Apprendre à faire des compromis avec les crises, le capitalisme, le chômage, les mauvaises nouvelles. Voilà ce qu'une enfant de la fin des années 80 a dans les yeux en les dévisageant dans cette salle du sous-sol du Centre Pompidou, face aux images de cette parenthèse amère."

Eloïse Trouvat - Mémoires d'une jeune fille dérangée

les français prêts à renoncer à des libertés


jeudi 23 juin 2016

Bad Moon Rising


Jouer de la contrebasse sur du rockabilly chanté en yaourt, ce n'est pas de tout repos. Il fallait quand même que tu te farcisses mes quatre étages. Je me souviens que le premier soir où je t'ai entendu jouer, j'ai eu l'impression de me retrouver face à une antique machine à trier le bon grain de l'ivraie. Le rythme allait tellement vite. Quand je dis antique machine, je ne reste qu'au premier niveau de perception. Car rapidement, ces palpitations devenaient incroyablement vivantes. 
Après avoir mis au point un tour de chant, notre trio s'est donc mis à jouer du rockabilly en yaourt, comme le faisait autrefois les groupes de rock débutants qui ne connaissaient pas ou très mal l'anglais. On composait nos propres tubes mais on reprenait quelques classiques aussi. Dont une chouette version cold wave de "Mystery Train" et, sur la toute fin, une reprise étrangement prémonitoire  de "Bad Moon Rising"...

vendredi 15 avril 2016

La Nuit des Césars

    Et Oui ! Le Leaderprice nouveau est désormais disponible chez le chanteur lui-même. Après "Vigiles et Clientèle" et "Tschüß", la maison est fière de vous présenter son dernier-né : "La Nuit des Césars". Un recueil de 9 chansons nouvelles dont voici les titres :


    Pour l'écouter, rien de plus simple : il suffit de venir boire un café à la maison avec une clé USB ou un Cd vierge. J'ai commencé d'écrire et d'enregistrer les premières chansons dans l'été et j'ai fini le mixage la semaine dernière. Soit grosso-modo neuf mois de conception à un rythme tranquille mais quasi quotidien. Les paroles et les musiques sont de moi, excepté pour "Théâtre Nô" qui est un texte écrit et dit par Noémie. Autre collaboration sur "Lords", le seul titre en anglais de l'album pour lequel Mel Nelson est venue poser sa voix. L'ambiance du disque est mélancolique sans être triste comme un songe éveillé entre hier et aujourd'hui, amen. La pochette est un portrait de Pascale Ogier tiré du film "Ghost Dance", une actrice qui faisait craquer mes copines new-wave vers 84/85.
  Si vous voulez mon avis, voilà encore un sacré bon disque d'elvis leaderprice, de plus il est gratuit et offert avec le kawa et des gaufrettes.