jeudi 8 novembre 2018

Pétain

       Depuis qu'il a été condamné à mort (peine commuée en détention) et à l'indignité nationale, Philippe Pétain n'est plus maréchal de France. Il n'y a donc pas de questions à se poser  sur le fait de rendre hommage à sa distinction : elle n'existe plus. A moins de vouloir contester une décision de justice, ce qui serait le comble pour un président de la république.

Au marché

   Quand je pense au marché, je pense aux vacances. Je me vois quitter la maison vers dix heures. Je passe devant le panneau « attention école » mais je m'en moque : y'a pas école. Je passe devant chez Toto, le forain. Un ou deux camions pleins à craquer de manèges style petits avions ou paratropeur sont certainement garés dans sa cour. Me voilà devant chez Madame Desveaux qui klaxonne toujours deux fois avant de bondir hors de son garage au volant de son Ami 8. Et puis voici le Crédit Agricole et enfin le marché. Ou mieux encore son pendant quasi-royal : la Foire.
   C'est la foule des grands jours. De jeunes retraités qui n'en reviennent pas de pouvoir faire le marché quand ils le souhaitent côtoient de vieux paysans parlant de la maison achetée dans le bourg depuis qu'ils ont lâché le domaine en novembre dernier. Nous courbons la tête sous l'étalage de rideaux, de posters de Johnny, d'édredons. Au milieu du vacarme, un démonstrateur capte l'auditoire avec une poêle éternelle soumise à rude épreuve. Des petits poulets s'affolent dans leur cage bientôt rejoints par des agneaux. Émerge de cette foule le poilu du monument aux morts, fier comme tout d'avoir assuré à sa bruyante descendance des journées aussi réussies. Je passe par la petite rue de la coop pour aller chercher des clopes chez Miquette, au Café des Sports. Je tombe sur Michèle que je n'avais pas revue depuis juin et la boum de fin d'année. Elle me file une Marlboro. On papote. On a un peu de fric qu'on converti en glaces-maison de la pâtisserie Chemel.
   Nous continuons glaces au bec en direction du bazar à cent francs avec ses jeux de cartes des sept familles, ses écumoires, ses torchons à carreaux et ses modèles réduits de 4L Renault. Quelque part résonne « Antisocial » de Trust.
   On est bien.

dimanche 21 octobre 2018

    Cet été lors de la calamiteuse affaire Benalla, Mélenchon a pu apparaître  comme le meilleur constitutionnaliste d'un régime qu'il conchie. Il était quasiment seul face à une majorité inexpérimentée, un gouvernement et un président aux abonnés absents. Ce doux et paradoxal souvenir finit par lui être fatal en automne. S'il n'avait pas cherché à camper un révolutionnaire d'opérette lors de sa spectaculaire perquisition, il aurait pu se glisser dans son rôle favori: le vieux sage, père-conscrit de la république. Dénoncer publiquement la saisie de la liste des adhérents de son parti par la maison poulardin. Rappeler les multiples condamnations du régime par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour le non respect de l'indépendance judiciaire. Et ainsi aborder les prochaines élections comme Leonardo Dicaprio à la proue du Titanic

    Mais peut-on attendre quelque chose d'un type qui fait risette au baron Macron avec un pied chez Mirabeau ("ma personne est sacrée !") et l'autre sur La Canebière ?

 

samedi 20 octobre 2018

Musique


 

      Voici deux synthés gratuits pour les fanas des "Chariots de feu" ou d'"Oxygène": le Deputy Mark ll de chez Full Bucket, une quasi-résurrection du Arp Solina qui devrait ravir les fans de Jean-Michel Jarre et l'Arminator 2 de chez Krakli  chouette clin d'oeil aux cuivres synthétiques du Yamaha Cs 8O cher à Vangelis. C'est vraiment du très beau travail et c'est cadeau. Ci dessous les adresses pour vous les procurer:

The New Home of Krakli Software 

full bucket music



samedi 13 octobre 2018

Maison du Roi: Mousquetaires Gris 1814-1815


         Lors de la première Restauration (avril 1814 - mars 1815) Louis XVIII souhaite retrouver une maison militaire digne d'un roi. Question de prestige mais aussi de sécurité: l'ancienne armée impériale n'est pas sure et le souverain a besoin de gentilshommes sur qui compter. On voit alors reparaître les Mousquetaires, lointains descendants de Charles de Batz de Castelmore dit d'Artagnan. L'uniforme "new look" fait penser aux gardes anglais et pourrait faire tiquer le badaud chauvin cependant le rouge est la couleur traditionnelle de la Maison du Roi. Le régiment se divise en deux compagnies: les "gris", montés sur de magnifiques chevaux gris et les "noirs" sur de superbes étalons noirs. L'illustration (que l'on doit au talent des époux Funcken) montre différentes tenues de la première compagnie "grise": grande tenue de service avec soubreveste bleue frappée de la croix; tenue bleue de manège; tenue de société avec bas blancs; un porte étendard et un trompette et sa belle crinière rouge. Les nouveaux mousquetaires auront une existence éphémère: ils accompagneront le roi lors de sa fuite à Gand (mars-juin 1815) et seront dissous dès l'automne.