jeudi 16 novembre 2017

"Quai des orfèvres"

Arte a rediffusé "Quai des orfèvres" il y'a un ou deux soirs. C'est l'occasion de vous faire partager une savoureuse critique de ce film publiée en 2013 par Virgule virgule sur le site "Sens critique"...

 

Que peut-on aimer dans cette vieille bouse joliment patinée par le temps ?
   Jouvet y est pour beaucoup, c'est la clé de voûte, retirez-le et tout s'écroule. On admire la performance, on est attendri par le personnage. C'est une vraie capsule de charisme cet inspecteur. Fascinant. Bon, moi je m'en fous un peu, le charisme ne m'a jamais rendu personne sympathique, surtout ce genre de connards qui raconte longuement sa vie pathétique à qui doit l'écouter (ça tombe, par exemple, sur une gentille photographe), et cloue le bec à ceux qui, en sa majestueuse présence, commettent la bourde d'en faire autant pendant deux secondes (ça tombe, par exemple, sur une employée de cabaret). Bah, ce type est méprisant, ça défoule. Ah, ça doit être jouissif de s'imaginer avoir cette attitude sans-gène et désabusée, ce comportement d'épave qui torpille tout ce qui passe à sa portée par une phrase cinglante balancée les oreilles fermées, cette autorité innée du flic qui peut faire craquer n'importe qui en lui confisquant ses papiers ou en le faisant tabasser par ses gorilles. Pour mieux assumer cette décharge cathartique, une injection de démagogie nous masse délicatement les sinus : le bougre a un cœur en or massif : il s'occupe d'un petit NOIR (!), comme s'il était SON PAPA. Incroyable, inouï, avant-gardiste en cette époque arriérée. Ça reste un con.

   Blier. C'est une mauviette, un emmerdeur, un jaloux maladif et lugubre, on se demande ce que sa femme lui trouve, on aimerait qu'elle le largue dès le début du film, on ne comprend pas ce qu'ils foutent ensemble. Il passe son temps à la suspecter et a envie de tuer le moindre type qui la fréquente d'un peu trop près. L'empire de la jalousie, un thème débile cher à Clouzot. Et justement, un vieux pervers (le spécimen que vous imaginez) courtise la poule de Blier en lui faisant miroiter une opportunité de carrière. Le sang du Blier entre rapidement à ébullition, et si ce vieux schnock n'avait pas déjà été assassiné au moment où le Blier s'apprêtait à le faire, le Blier lui aurait troué le bide lui-même, évidemment, comme tout le monde. Les gens on envie de se tuer, de s’entre-tuer, tout ça est normal. Mais [SPOILER] à la fin on oublie tout, et on sourit tendrement devant ce beau petit couple bien puant qui sourit à sa fenêtre : le vrai coupable est un cas social, une sorte de manouche dont on n'a rien à taper. Celui-là on s'en fout, on l'a vu que deux minutes, il peut crever derrière les barreaux, c'est son destin - même si finalement le crime de ce pauvre type est aussi accidentel (voir plus) que celui qu'ont failli commettre notre Blier chéri et sa femme insupportablement chevaline. [FIN DU SPOILER]
   La femme de Blier chante fort avec une plume dans le cul, et un essaim de types gominés masturbent des violons autour d'elle dans des spectacle à vomir dont on doit se farcir l'ambiance rancie pendant de longues minutes. Au bout d'un moment c'est irrespirable de subir tous ces cons partout, même sous le prétexte d'une observation "sociologique" de la société parisienne des années 1940, dans le fond aussi horripilante que n'importe quelle émission de télé-réalité actuelle. Même en tant que document ce film ne vaut pas mieux qu'un reportage dégénéré sur des chanteurs amateurs de r'n'b d'aujourd'hui, le show-business d'autrefois incitait tout autant les gens à s'écerveler, dans feu cette époque pour laquelle je n'ai aucune tendresse, peuplée de cohortes innombrables de lèches-culs et de chanteuses arrivistes et poseuses qui se croient le sel ultime de la terre. C'est confirmé : c'était aussi une époque de merde, je reste incrédule devant toute la nostalgie mal placée que provoque ce film, ce fétichisme de la gouaille en noir et blanc, capable de n'éveiller qu'une sorte d'exotisme superficiel et l'illusion aussi fausse que frustrante selon laquelle notre époque est la plus déprimante de l'histoire.

   Clouzot traîne bien ses grandes savates pathétiques partout, sans finesse, il barbouille partout ses gros effets clinquants qui se veulent percutants, il plonge tout ça dans un graillon de musique épuisante et lourde d'affects malades dont je n'ai rien à cogner. Le scénario ne repose sur rien d'intelligent, mais sur une suite d'énormes bévues dont les répercussions sont sadiquement prévisibles. C'est fondamentalement bête, c'est gavé de pathos, ça doit être la patte de Clouzot.

dimanche 12 novembre 2017

Le droit de tout dire

Exemple d'écriture inclusive
« Mr le rapporteur nous présente une loi qui donne, paraît-il, la liberté de la presse, mais il ne permet pas la diffamation ni envers les cours d'appel, ni envers les tribunaux, ni envers les armées de terre ou de mer, ni envers les corps constitués, ni envers les administrations publiques, ni envers un ou plusieurs membres du ministère, ni envers un ou plusieurs membres de l'autre Chambre, ni envers un fonctionnaire public, ni envers un dépositaire ou agent de l'autorité publique, ni envers un ministre de l'un des cultes salariés par l'État, ni envers un citoyen chargé d'un service ou d'un mandat public temporaire ou permanent, ni envers un juré ou un témoin à raison de sa déposition. Moyennant qu'on ne parle jamais des personnes que je viens d'indiquer, on aura le droit de tout dire. »

Clémenceau; débat sur la liberté de la presse, 1881 

dimanche 5 novembre 2017

mercredi 11 octobre 2017

Occupation de l'Institut de Géographie


   Nous, occupants et occupantes de l’Institut de géographie, avons pris ce lieu et comptons l’occuper jusqu’au 12 octobre. Cela pour plusieurs raisons. D’abord, nous refusons les politiques néo-liberales et sécuritaires, macronisme ou non.

   Aussi, nous occupons dans le même état d’esprit que celui qui a animé le mouvement du printemps 2016 contre la première Loi Travail. Ensuite, nous occupons en soutien aux inculpés de l’affaire du quai Valmy. Nous demandons la relaxe de tous les inculpés, sachant très bien que c’est là le procès du mouvement de 2016. Enfin, nous occupons en protestation contre l’immonde festin des DRH des plus grandes entreprises de France, le 12 octobre au Pré Catelan, venus fêter la victoire de ’’l’entreprise France’’ en présence de Murielle Pénicaud. À leur banquet de riches, nous opposons notre festin, et invitons quiconque se sent proche de cette occupation à venir la soutenir.
  Nous appelons plus particulièrement universitaires et intellectuels à prendre position en sa faveur, afin que la menace d’évacuation qui pèse sur elle soit plus difficile à mettre en œuvre. Contre l’occupation capitaliste du monde, occupons les facs !

comité d’occupation de l’Institut de Géographie.

samedi 2 septembre 2017

Rhythmus

Crisalys, Nero, Rhythmus et Vl-Tone

  Chez Leaderprice, on met un point d'honneur à fabriquer de nouvelles chansons avec de belles machines. Voici de gauche à droite quelques petits secrets de fabrication qui vous donneront peut-être des idées si vous possédez un logiciel de musique. J'aime beaucoup les synthés "Crisalys" et "Nero" de la maison Maxsynths, deux bestiaux incroyables, facilement trouvables sur le net et entièrement gratuits. Également gratuite, la superbe boite à rythmes "Rhythmus" de chez Elektrostudio qui regorge de rythmes d'inspiration Farfisa ou Casio . Justement, une ballade ne serait rien sans cette réplique parfaite du VL-Tone de notre enfance, la seule calculette que je vénère.  Gratuite et fidèle à l'original jusqu'à la programmation de l'adsr.

Pot, Lo-fi plastic piano, Mr Ray 73, Omaha et 7129
  Nous continuons la revue des instrument gratuits avec, de gauche à droite " Pot", une batterie en pots de yaourt; "Lo-Fi plastic piano", un piano jouet voisinant avec "Mr Ray seventy three", une reproduction du clavier de Ray Manzarek et oui rien que ça !  En bas, on aperçoit le synthé "Omaha" qui permet de retrouver les vibrations planantes des 70's et enfin, avec plein de couleurs "7129", une petite palette reproduisant des bruits de jouets. Merci à tous ces concepteurs bénévoles !

mardi 20 juin 2017

Pas de jeûne à Tunis


    Après la condamnation, début juin, de quatre Tunisiens accusés d'outrage pour avoir mangé en public pendant le ramadan, un sit-in a été organisé ce dimanche 11 juin à Tunis. Parmi les manifestants, Abdel Karim Ben Abdallah, à la tête du collectif "Fater" qui se bat depuis 2013 pour les droits des non-jeûneurs. 

Marianne du 13/6/2017