Un portique
Des lacets jusqu'au col tout dans sa tenue semblait sorti d'usine, flambant neuf, lui seul paraissant usé. Les chiens l'avaient reniflé par politesse, le bonhomme ne promettant ni caresse, ni friandise, ni goguenette. Puis Rox et Stella s'en étaient allés, nous laissant seuls avec lui qui nous parlait sans avoir l'air de nous voir tant il était occupé, comme un logiciel, par ses mises à jour de sécurité. Il nous en déversait le trop plein de trouille, à base de surveillance accrue des glucides et de l'Arn messager. Il ne dialoguait pas mais s'entrouvrait rapidement pour lâcher des croyances, des rumeurs, des TOC de chef de service à l'assurance factice. Un portique se moque bien de fonctionner sur secteur ou sur batterie et ne parle jamais de lui. Rasséréné par ses automatismes, il reprit l'ascension du talus. Et faillit culbuter dans les escaliers. Photographie : Kaëlis Esteban







