Snake shot
Comme des offensés de western, les quatre types prirent un temps pour passer de l’incrédulité à l’amusement. Que pouvait espérer cette poulette dont les boucles cachaient un regard noir et, sous les manches du sweat, des mains toujours frigorifiées ? Devant mon expresso, je mimais l’ingénu. Avec, cependant, un rien d’appréhension. Les garçons lui auraient volontiers donné une leçon de baby propice au rapprochement des bassins, mais en recevoir d’une joueuse douée serait vécu au mieux comme une entourloupe.
Et douée, France l’était : même nervosité rentrée, mêmes tirs spectaculaires que Nono, joueur de mon ancien lycée au snake shot réputé. Sitôt penchée sur la barre d’avants, comme prête à bondir sur la plumaille d’en face, son naturel enjoué transmutait en concentration glaciale.



Commentaires
Enregistrer un commentaire