mardi 4 septembre 2012

C'est mon choix d'être un requin !

J'ai bien connu Jean-Luc Delarue, il m'a gâché un baptême...

 Z'avez vu ça, bande de sagaces, la télé profite de ses morts pour se re-sacraliser. Bye bye le baiseur compulsif videur de malotrus et le multivitaminé au speedball. Bonjour Bienheureux Michel Polack et Saint Jean-Luc de "ça se discute". Ah la la ! La Mère Téloche et ses maquereaux, c'est tout un conte !

 J'ai pas eu le temps de bien connaître la télé gaullienne mais c'était déjà très bien : parait que les gens mettaient leurs habits du dimanche quand Le Général y causait. C'était clair et net, c'était l' Office de la Radio et Télévision Française. L'ORTF. C'était une époque encore pleine de mammouths ventripotents, de FFI en retraite et de tigres à dents de sabre. De prudes jeunes femmes cachaient leurs genoux en ânonnant les grandes lignes du trente millième épisode des "Rois Maudits". Le bon souvenir, c'est que la télé tombait souvent en panne : un orage, un peu de gel, un rien et "scouic" ! "C'est l'émetteur du Vilhain !" disait sobrement mon père. Faute de mieux, ma mère se mettait à nous raconter comment les boches avaient failli brûler sa petite ville. Mon père, comment il avait échappé à la guerre d'Algérie.

 Donc Delarue jean-Luc. Comme je vous disais, l'histrion m'a gâché un baptême. Une belle cérémonie de la fin des années disco. On en était au vacherin praliné-café lorsque mon voisin de table se mit à me vanter les qualités cathodiques de Delarue alors débutant. Il voyait en lui le héros d'une nouvelle téloche "plus soucieuse des attentes du téléspectateur !". Ah ! Comme je me révoltais ! J'en réveillais le bébé ! Tiens, il me semble encore m'entendre répondre :"Mais alors, monsieur, que direz vous de l'Abbé Pierre et de Jean-Luc Lahaye ?". Et voui. Il se trompait de Jean-Luc.

 Car c'est à ces deux zigs que nous devons le plus gros du paysage audiovisuel actuel. Tout vient de l'orphelin-chanteur et de son acolyte paradisiaque. Et tout y retourne. Il fallait voir leur abatage lorsqu'ils firent passer l'amère pilule de la rigueur socialiste sur fond de "Débarquez moi !". Au Temps Du Général, la télé n'était qu'un sergent de semaine. L'Abbé Pierre et Jean-Luc Lahaye en firent le bon docteur de la caserne. Celui qui comprend tout, qui tâte prurit et bubons. Là où Télé De Gaulle vilipendait, Télé Lahaye/Pierre noyait désormais dans les larmes. Ces deux là réinventèrent le baquet de Mesmer. Marier l'eau salée à l'électricité, fallait l'oser et ils l'ont fait. Deux baignades et le communisme s'éclipsa au profit du téléthon.

 Tout au plus peut on reconnaitre à Delarue et à ses multiples épigones d'avoir saupoudré le précipité d'un zeste de "c'est mon choix d'être un requin".

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