dimanche 29 avril 2012

Alain Soral et la merdomobile

Non, le Front National ne s'est pas assagi. Bien au contraire...

La coloration "sociale" du programme de Marine Le Pen ne vient pas de nulle part. Elle est pour partie opération tactique. Mais elle est aussi le fruit du passage éclair au Front d'un personnage peu connu du public. Je veux parler de l'aventurier Alain Soral. Figure du tout-Paris punk des années quatre vingt, un temps professeur de mode, on le croise chez Ardisson puis de plus en plus souvent sur divers plateaux télé. Au fil du temps l'homme ne s'économise aucune louange. Il est le plus grand cinéaste inconnu de notre temps, le dernier célinien en activité, le professeur de boxe émérite, le communiste en avance sur son temps etc... de plus l'homme pond. Des précis de drague, des traités virils et plus récemment d'inquiétantes mixtures où se côtoient marxisme, nationalisme et anti-sionisme. Phare de son époque, Alain Soral ne pouvait échapper à ce très ancien jeu de société qui enthousiasme toujours : déjouer le complot. Face à la crise, Soral émet une théorie entièrement neuve. Le complot ayant une capitale - Tel Aviv - nous sommes donc en présence du "complot juif". Fort de cette thèse murement réfléchie, étayée par le décryptage minutieux des minutes d'Attali et des envolées de BHL, Soral finit par débarquer là où ses idées tout à fait inédites doivent trouver un puissant écho : le bureau de la SA Le Pen et fille.

 Le Pen et fille sont vite séduits par cette révélation dont ils n'avaient jamais entendu parler. Cependant, Soral conscient de la puissance de son clystère prend soin de l'enrober. Car avant de s'arc-bouter sur "la question juive", Soral veux cajoler l'ouvrier français prit dans "l'étau de la finance juive". Cette formule quoi que présentée comme entièrement neuve rappelle quelques discours d'avant guerre à pépé Le Pen. Mais le vieux, usé par un trop plein d'émotions au Negresco Nice, songe surtout à refiler à sa fille chérie les clefs de la merdomobile. Soral est adoubé, introduit dans le cabinet noir où les deux hommes finissent par se trouver "charmants et pleins d'humour". Alain se met à la tache. Il peaufine les discours, surligne les fondamentaux, joue d'un menton mussolinien à la moindre incartade. Jusqu'au moment où rêvant d'un mandat plus officiel, d'un poste plus important, Soral s'imagine mousquetaire rouge chez les mousquetaires gris et pourquoi pas tuteur de l'héritière. Rien de tel pour irriter le vieux et inquiéter la fille. Un rien d'humeurs et voici Soral débarqué du paquebot. Roublards, les Le Pen gardent la carte au trésor du naufragé. Elle indique un parcours fort simple : taper sur le métèque, le pédé et la féministe tandis que l'on nourrira à la mamelle le vrai travail français. Et accessoirement l'arabe qui sait se tenir.

 Mais notre punk façon Je suis partout* s'est toujours ri de l'adversité. Et gageons que depuis les modestes bureaux de sa petite entreprise, il saura refourguer à quelques gogos sa camelote fausse gauche du travail /vraie droite de la xénophobie.

* Je suis partout est un journal français d'extrême droite où sévissait le collaborationniste Brasillach si cher au souvenir de Le Pen




1 commentaire:

  1. Dans un genre moins Bains-douches. Il y a un dénommé Collon. Lui n'est pas encore brun comme merde, mais doucement et sûrement il s'en rapproche.

    http://la-feuille-de-chou.fr/archives/38022

    http://missaketmelinee.wordpress.com/2012/02/19/michel-collon-chasse-de-la-bourse-du-travail-ce-nest-quun-debut/

    http://contresubversion.files.wordpress.com/2012/04/20120429-012628.jpg

    Mais bon comme il y a encore des gens à gauche pour trouver bon de l'inviter

    http://www.amistempsdescerises.org/spip.php?article172

    on a qu'à dire qu'il ne faut jamais désespérer Billancourt et faire comme si on avait rien vu.

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